Le législateur poursuit un objectif clair : sécuriser la prescription et limiter les abus en matière de prescription d’arrêt de travail.
La dématérialisation des arrêts de travail devient la règle quasi absolue, les exceptions étant strictement limitées aux seuls cas de défaillance technique.
En matière de téléconsultation, une approche graduée est retenue : si la primo-prescription et un premier renouvellement reste possible à distance, le second renouvellement devra intervenir dans le cadre d’un examen en présentiel.
Une circonstance aggravante pénale est instaurée, portant les peines à trois ans d’emprisonnement et 50 000 euros d’amende en cas d’usage de faux documents médicaux pour l’obtention d’indemnités journalières.
Parallèlement, la constatation de tels faits entraîne, de plein droit, la suspension du versement des indemnités journalières pour une durée minimale de six mois, portée à deux ans en cas de récidive, ainsi que l’application d’une pénalité financière ne pouvant être inférieure à 50 % des sommes indûment perçues.
Cette évolution vise notamment à lutter contre la diffusion et la commercialisation de faux arrêts de travail, en particulier via les réseaux sociaux.
Les effets des contre-visites diligentées par l’employeur sont renforcés : un avis concluant à l’absence de justification de l’arrêt pourrait désormais entraîner la suspension non seulement du complément patronal, mais également des indemnités journalières de sécurité sociale.
En cas d’impossibilité de contrôle, l’information transmise à la caisse ouvre la voie à un contrôle complémentaire, voire à une suspension.
Le régime est, par ailleurs, harmonisé avec l’Alsace-Moselle, mettant fin à une spécificité locale défavorable aux employeurs.
En cas de changement de résidence pendant l’arrêt, le salarié devra déclarer à sa Caisse de sécurité sociale l’adresse à laquelle il peut être contrôlé.
L’amende administrative serait limitée à l’absence de document unique d’évaluation des risques, écartant le risque contentieux lié à l’appréciation de son exhaustivité.
Les tiers déclarants (notamment experts-comptables) pourraient être habilités à renseigner le dispositif, facilitant sa gestion pour les TPE/PME.
L’accès et la conservation des données seraient recentrés sur les besoins stricts liés au suivi des obligations de formation.
Le projet de loi marque une nouvelle étape dans la répression du travail illégal :
Ces évolutions renforcent considérablement les risques financiers et réputationnels pour les entreprises concernées.
Dans une logique de proportionnalité, les députés ont clarifié le régime des sanctions :
Le texte introduit une obligation d’information de l’assureur de prévoyance par l’employeur en cas de fraude détectée aux indemnités journalières, renforçant les interactions entre acteurs.
Ces mesures laissent transparaître une volonté de renforcer globalement les prérogatives de contrôle, mais également les exigences de conformité. Elles appellent notamment à :
Ce projet de loi vise à accorder aux employeurs des leviers accrus s’agissant des arrêts de tavail, en contrepartie de contrôles plus exigeant en particulier en matière de lutte contre le travail illégal.