Dans cette affaire, un salarié, assistant commercial et marketing au sein de la société A, est licencié pour motif économique. Il exerce parallèlement des fonctions de responsable marketing au sein d’une autre structure, la société B, à temps partiel jusqu’à la rupture de ce second contrat à la suite de l’homologation d’une rupture conventionnelle.
Le salarié conteste son licenciement au motif que son employeur n’a pas respecté son obligation de reclassement préalable au licenciement, faute d’avoir recherché un emploi au sein de la société B. En effet, le salarié considère que les sociétés A et B appartiennent à un même groupe, dès lors que les deux sociétés sont dirigées par une même personne physique qui :
La Cour d'appel de Chambéry valide le licenciement au motif qu’il n'y avait pas de poste à pourvoir aux fins de reclassement au sein de la société A, que celle-ci ne faisait pas partie d'un groupe et qu'il n'existait aucun lien capitalistique entre cette société et la société B, le seul fait de disposer du même gérant ne suffisant pas à démontrer l'existence d'un groupe.
La Haute juridiction casse l’arrêt d’appel, rappelant que l’obligation de reclassement s’étend aux entreprises du groupe dont l’organisation, les activités ou le lieu d’exploitation permettent la permutation du personnel.
Surtout, elle souligne que la notion de groupe au sens du code du travail renvoie aux définitions du code de commerce, notamment aux articles L. 233-1, L. 233-3 et L. 233-16, à savoir le groupe capitalistique. Or, au sens de ces textes, toute personne, qu’elle soit morale ou physique, est considérée comme en contrôlant une autre dès lors qu’elle détient la majorité du capital social ou à tout le moins des droits de vote.
En l’espèce, la même personne physique contrôlait majoritairement les deux sociétés. Dès lors, celles-ci appartenaient au même groupe ayant à son sommet cette personne physique, peu important l’absence de liens capitalistiques directs entre les sociétés concernées.
Cet arrêt confirme une approche économique et fonctionnelle du groupe, centrée sur la notion capitalistique de domination. Il en résulte que :