Brève
Actance - 30 Janvier 2026

Entretien de parcours professionnel : un cadre légal repensé et une sanction clarifiée

La Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 transposant, notamment, l’ANI du 25 juin 2025 en faveur des transitions et reconversions professionnelles a profondément réaménagé le dispositif de l’entretien professionnel, en le remplaçant par un entretien de parcours professionnel. Ce nouveau rendez-vous obligatoire s’inscrit dans une logique renforcée d’anticipation des trajectoires professionnelles et de sécurisation des compétences des salariés. Le dispositif laisse une place non négligeable à la négociation collective.
  • Une périodicité revue

Depuis le 26 octobre 2025, tout salarié doit, ainsi, bénéficier d’un entretien de parcours professionnel :

  • au cours de la première année suivant son embauche ;
  • puis, au maximum, tous les quatre ans.

Il doit également être proposé au salarié à l’issue de certaines périodes d’absence ou de suspension du contrat (congé de maternité, congé parental, arrêt longue maladie, mandat syndical, etc.), sauf si un entretien de parcours professionnel a déjà eu lieu dans les douze mois précédant la reprise d’activité. 

  • Un contenu précisé

L’entretien est, toujours, consacré :

  • Aux compétences et qualifications mobilisées par le salarié dans son emploi actuel ainsi qu'à leur évolution possible au regard des transformations de l'entreprise ;
  • À sa situation et à son parcours professionnel, au regard des évolutions des métiers et des perspectives d’emploi dans l’entreprise ;
  • A ses besoins de formation liés à son activité professionnelle, à l'évolution de son emploi au regard des transformations de l'entreprise ou à un projet personnel ;
  • À ses souhaits d’évolution professionnelle, d’une éventuelle reconversion interne ou externe ou encore d’une possible transition professionnelle ;
  • à la réalisation d’un bilan de compétences, d’une VAE, à la mobilisation de dispositifs d’accompagnement (CPF, abondement patronal du CPF, recours à un CEP). 

Lorsqu’il intervient dans un délai de deux mois à compter de la visite médicale de mi-carrière (à 45 ans), l’entretien porte, en outre, sur :

  • les éventuelles recommandations ou restrictions médicales émises par le médecin du travail ;
  • s'il y a lieu, l'adaptation ou l'aménagement des missions et du poste de travail, la prévention des situations d'usure professionnelle ;
  • les besoins en formation et les éventuels souhaits de mobilité ou de reconversion professionnelle du salarié.

Lorsqu’il intervient au cours des deux années précédant le soixantième anniversaire du salarié, l’entretien porte, de surcroît, sur :

  • les conditions de maintien dans l'emploi ;
  • les possibilités d'aménagements de fin de carrière, notamment les possibilités de passage au temps partiel ou de retraite progressive. 

Cet entretien est distinct de l’entretien d’évaluation et doit se tenir pendant le temps de travail. Il donne lieu à un document écrit, remis au salarié. 

  • De possibles adaptations conventionnelles

Un accord d’entreprise ou, à défaut, de branche peut fixer :

  • un cadre, des objectifs et des critères collectifs d'abondement par l'employeur du CPF ;
  • une périodicité pour la tenue des entretiens de parcours professionnels inférieure à quatre ans ;
  • d'autres modalités d'appréciation du parcours professionnel du salarié que celles prévues par la loi lors de l’entretien bilan (voir ci-après).

Les accords conclus antérieurement à la loi du 24 octobre 2025 prévoyant une périodicité supérieure à quatre ans doivent être renégociés afin d’être mis en conformité. À défaut, les nouvelles dispositions légales s’imposeront automatiquement à compter du 1er octobre 2026.

  • La périodicité de l’entretien bilan modifiée

L’état des lieux récapitulatif du parcours professionnel ou entretien bilan est maintenu, mais sa périodicité est portée de six à huit ans. Lorsqu’il s’agit du premier état des lieux suivant l’embauche, celui-ci peut intervenir dans un délai de sept ans à compter de l’entretien de parcours professionnel organisé dans l’année suivant l’embauche.

Ce bilan permet notamment de vérifier que le salarié a bénéficié au cours des 8 années passées :

  • Des entretiens de parcours professionnel ;
  • A suivi au moins une action de formation ;
  • A bénéficié d’une progression salariale ou professionnelle.

Un abondement correctif du Compte personnel de formation (CPF) du salarié à hauteur de 3 000 € peut être mis à la charge de l’employeur lorsque celui-ci n’a fait bénéficier le salarié ni des entretiens de parcours professionnel requis sur une période de six ans (ancienne périodicité pour organiser l’entretien d’état des lieux, passée à huit ans) ni d’au moins une action de formation sur cette même période (Cass. soc., 14 janv. 2026, n° 24-12.972)